Espace adhérents

Distribution automatique et consommation responsable

"DA et consomation responsable " : table ronde du 27 mai 2013

Le 27 mai dernier à Grenoble, NAVSA a assisté à une table ronde intitulée « Distribution automatique et Consommation responsable », organisée par le Pôle de Consommation Responsable en Rhône-Alpes (Pôle R).
table
Les professionnels du secteur de la distribution automatique, les fabricants de produits ainsi que les collectivités se sont ainsi réunis dans les locaux de GEG (Gaz Electricité de Grenoble) afin de témoigner de leur expérience, de s’informer et d’échanger sur les enjeux et possibilités de développement des achats responsables dans la distribution automatique. Retour sur les échanges.

L’expérience de GEG en consommation responsable
GEG est une société d'économie mixte qui gère les réseaux de distribution d'électricité et de gaz naturel de Grenoble. En 2010, GEG a décidé de mener un projet exemplaire sur la distribution automatique dans le cadre de son Agenda 21, avec pour objectif d'intégrer des produits responsables dans ses distributeurs de boissons et de friandises.

Des produits bio et équitables dans les distributeurs. Aujourd'hui, GEG propose des produits uniquement équitables ou respectueux de l'environnement pour ses boissons chaudes et compte six produits de snacking responsables. Le café et le chocolat sont labellisés Max Havelaar et le thé est labellisé Rainforest. Par ailleurs, GEG a choisi de prendre en charge la consommation en boissons chaudes de ses employés, à hauteur de deux cafés par jour et par personne.
Concernant le snacking, on retrouve des biscuits bio, une barre au chocolat équitable et plusieurs jus de fruits bio. Notons que pour chaque nouveau produit proposé, le produit conventionnel jusque-là utilisé est supprimé. Pour faciliter l'adhésion des salariés aux nouvelles références, GEG les sensibilise à travers des dégustations.

Economies d'énergie et gestion des déchets. Le distributeur automatique de boissons chaudes de la société propose un certain nombre de fonctionnalités telles que la détection de mug ou la mise en veille de l'appareil la nuit. Des écrans permettent aussi la projection d'images et d'informations sur le commerce équitable pour sensibiliser les salariés.

Une expérience concluante ? Le ressenti et le retour vis-à-vis des produits sont plutôt positifs. Les utilisateurs apprécient la qualité des produits notamment pour les boissons chaudes. Concernant les friandises, les ventes sont beaucoup plus variables mais quelques produits ont du succès.


Quelles sont les limites au développement des produits bio et équitables en DA ?
Cette séance a permis de mettre en avant les limites de développement de ce marché qui ne peuvent être dépassée que par la communication et la sensibilisation des consommateurs.

Des freins ont été évoqués... Le consommateur est à la recherche d'un prix bas et s’il ne possède pas d'informations sur les produits responsables proposés dans le distributeur, il privilégiera les produits de marque auxquels il est habitué. L'adhésion du consommateur à de nouveaux produits est de plus processus long : il s’agit de changer des habitudes ! Enfin, le consommateur n'adopte pas le même comportement dans l'entreprise et à l'extérieur de celle-ci, on remarque qu’il accepte souvent de payer le même produit plus cher dans un commerce de proximité.

...et plusieurs pistes d'actions ont été envisagées. Tout le monde s’accorde à dire qu’assurer un temps de sensibilisation et de dégustation des produits responsables proposés dans les distributeurs est très important. Il s’agit d’expliquer la démarche mais aussi les raisons du surcoût d'un produit responsable par rapport à un produit conventionnel. C’est avec une communication renforcée que l’offre responsable pourra être promue auprès des collectivités et entreprises.


3 questions à Damien Celeyron, Directeur Commercial & Marketing Vending chez Barry Callebaut France

itw
Barry Callebaut a récemment reçu le prix prestigieux «Sustainable Standard-Setter» qui récompense les accomplissements que l’entreprise a réalisés dans des domaines clés du développement durable. Quelle est l’origine d’une telle implication et quels sont les principaux enjeux pour Barry Callebaut?

D.C. « Contribuer à la réalisation d’une chaîne d’approvisionnement durable du cacao est, depuis toujours, une priorité pour notre Groupe. Nous avons conscience que sans cacao, il ne peut y avoir de chocolat. Barry Callebaut sert l'ensemble de l’industrie alimentaire et nous pensons, de ce fait, avoir une réelle responsabilité envers tous nos partenaires que ce soit les producteurs, les fournisseurs, les clients, les employés, les actionnaires et surtout les communautés dans lesquelles nous exerçons nos activités. Développer les capacités de tous les collaborateurs dans l’intérêt de l’entreprise, telle est notre philosophie. L’an dernier, nous avons mis en place le projet «Cocoa Horizons » qui encourage la production durable de cacao. L’objectif consiste à accroître la productivité des fermes, à augmenter la qualité et à améliorer les conditions de vie des familles dans les principaux pays de production de cacao. Nous avons ainsi créé plusieurs programmes novateurs autour de l’éducation et de la formation. Barry Callebaut est extrêmement attaché au développement social de ses partenaires : aujourd’hui le marché n’est plus uniquement local mais bien mondial et, nous avons besoin d’eux pour nous développer.
Le commerce équitable qui garantit un prix juste aux producteurs est très utile car il permet de sensibiliser les consommateurs sur l’origine des produits et sur les conditions de production. Chez Barry Callebaut, nous travaillons avec la Fair Trade Labelling Organisation pour certifier la qualité d'une partie de nos produits. Nous proposons aujourd’hui plusieurs gammes de café et de chocolat bio et/ou équitable pour le secteur de la distribution automatique mais aussi à l’ensemble de nos clients. »

Certains parlent du bio comme « un effet de mode » qui ne durera pas. Selon vous, quels sont les principaux freins au développement de ce type de consommation chez les consommateurs français, et notamment en distribution automatique ?

D.C. « Je ne pense pas qu’il s’agisse d’un effet de mode. Il existe un réel besoin pour les consommateurs de savoir la provenance des produits et ils sont également de plus en plus sensibles à la qualité. La demande des produits bio est en forte croissance, nous sommes convaincus que c’est un marché de niche. Il est vrai cependant que les demandes varient en fonction des secteurs. En distribution automatique, celles-ci sont encore faibles en France, notamment à cause du prix plus élevé. Je pense que la problématique prix est le principal frein au développement de ce marché. Nous assistons à une réaction paradoxale des consommateurs et clients qui, d’une part, désirent du bio et de l’équitable mais qui, d’autre part, ne sont pas prêts à y mettre le prix. Le fondement du commerce équitable est centré sur un engagement volontaire du consommateur pour se porter sur des produits labellisés, mais cela implique une quote-part supplémentaire à payer dans le prix de vente final. Et c’est souvent là que se situe le problème en distribution automatique.
Par ailleurs, alors qu’il est déjà difficile d’implanter dans la consommation courante l’idée d’un commerce équitable et d’un commerce bio, on remarque que l’absence de visibilité est un deuxième frein propre au secteur de la distribution automatique. En effet, les distributeurs ne permettent pas au consommateur de voir et d’avoir la certitude qu’il s’agit d’un produit bio ou équitable contrairement aux grandes surfaces. »

Comment peut-on, aujourd’hui, mieux valoriser ce type d’offre en distribution automatique ?

D.C. « Selon moi, il faut communiquer sur la présence des produits, expliquer les labels et les répercussions tarifaires. Il est important que les labels bio et commerce équitables mettent en place des actions de sensibilisation auprès des consommateurs. En tant qu’industriel international, nous remarquons des différences de consommation entre les pays. Les pays nordique, la Scandinavie ou en encore l’Angleterre enregistrent de meilleurs résultats en termes de consommation équitable et bio. Les clients ont été beaucoup plus sensibilisés par ces approches et le marché est bien plus développé, notamment en distribution automatique. »